3 questions à…

Anne Terlez, vice-présidente du Département, en charge de la santé, de la lutte contre la pauvreté, des personnes âgées et du handicap.

« Vivre une telle expérience, c’est extraordinaire ! »

1- Quelle a été la participation des Eurois durant ces Assises ?

Depuis le lancement, en mars dernier, la mobilisation des Eurois a été forte et ne s’est jamais démentie. Que ce soit pendant les journées à thème, auprès des structures ou sur le terrain. J’ai été agréablement surprise par la participation. Elle reflète une attente forte de la part des parties prenantes.

Les professionnels mais aussi les usagers (personnes âgées, personnes en situation de handicap, structures…) que nous avons rencontrés sur le terrain, ont pu nous donner la vision de nos services. Mais aussi leurs attentes, leurs ressentis, nous faire des propositions concrètes. Et ça, c’est primordial. Ce sera un facteur de réussite si nous arrivons à prendre en compte ces attentes, ces propositions.

2- Quel premier bilan pouvez-vous tirer des Assises des Solidarités de l’Eure ?

Je ferais 4 constats : 

  • grâce aux diagnostics et aux enquêtes, on peut affirmer qu’il existe des problématiques différentes selon les territoires. On ne vit pas de la même façon à Val-de-Reuil qu’à Mesnil-en-Ouche par exemple, et les besoins ne sont pas les mêmes. Bien sûr, il y a des constantes mais nous avons pris conscience de la nécessité d’adapter nos politiques selon les territoires ;
  • durant ces Assises, on n’a pas tant parler de besoins financiers supplémentaires mais plutôt de la méthode de travail. Évidemment, l’argent reste le nerf de la guerre mais les besoins, la volonté de travailler ensemble, de fluidifier les parcours ont été plus souvent évoqués ;
  • ces Assises ont mis en avant deux thématiques qui méritent toute notre attention. Celle de la santé et plus généralement de l’accès aux soins mais ce n’est pas une surprise ; et la question de la mobilité. La hausse du prix des carburant, le coût d’entretien d’un véhicule ou même l’impossibilité de s’acheter un véhicule est un problème pour beaucoup d’Eurois.
  • enfin, le maître-mot des Assises a été « la simplification ». Simplification administrative, agilité, c’est-à-dire être capable de répondre rapidement. Et aussi simplification dans la vie des opérateurs. 

3- Et maintenant ?

Il faut qu’on mouline tout ce qu’on a entendu pendant ces 4 mois et tous ensemble ! Vivre une telle expérience, c’est extraordinaire ! Nous sommes riches de tout ce qui a été dit. Il y aura un séminaire de clôture à l’automne. Nous ferons des annonces, des propositions concrètes. Sur certains sujets, comme celui de la Santé, nous n’avons pas attendu les Assises pour commencer à travailler. Je pense que certaines idées, comme celle d’une banque d’aides techniques pour enfants handicapés par exemple, pourront être mises en route rapidement. D’autres demanderont plus de temps pour répondre au mieux aux besoins des Eurois.

Deux problématiques fortes : les jeunes et les personnes âgées

Les résultats de l’Observatoire National de l’Action Sociale, l’ODAS ont révélé deux choses :

  • quand on est jeune dans l’Eure, on est davantage frappé par le chômage. En effet, 22% des jeunes eurois (contre 16% pour la moyenne nationale) sont sans emploi, sans diplôme, sans formation ;
  • concernant les personnes âgées, l’Eure est devant un mur démographique. Imaginez que d’ici 2030, 1 500 emplois seront à pourvoir dans l’Eure. « D’où la nécessité là encore de concentrer les efforts sur l’attractivité des métiers du grand âge et sur l’adaptation des logements. Car 85% des personnes interrogées désirent vieillir à domicile. »

Quel portrait social du logement dans l’Eure ?

Cette journée thématique a été l’occasion de dresser le portrait social du logement dans l’Eure. Quelques chiffres extraits de l’analyse de l’ODAS, Observatoire national de l’action sociale.

600 000

L’Eure compte 600 000 habitants. 25% de la population a moins de 25 ans et 9% dépasse les 75 ans.
14% des familles Euroises sont des familles recomposées, ce qui a un fort impact sur le logement. Enfin, 7,4% de la population est au chômage. Les jeunes sont particulièrement touchés. Le logement reste le principal poste de dépense des ménages.

26

26% des demandes de logement d’urgence sont faites par des jeunes de 18 à 24 ans. Les personnes qui perçoivent le Fond de solidarité logement sont principalement des jeunes et des familles monoparentales. Enfin, 1/3 des locataires vivant dans des logements sociaux sont en-dessous du seuil de pauvreté.

152 000

65% des Eurois sont propriétaires-occupant de leur logement (contre 58% pour la moyenne nationale). L’accès à la propriété reste relativement abordable dans le département. Le prix moyen d’une maison ancienne est de 152 000 €. Le prix de terrain est de 76 €/m2.

3,84

Le marché locatif privé demeure abordable et peu tendu. En revanche, l’offre locative sociale reste concentrée dans les secteurs urbains. Le loyer moyen dans l’Eure est de 3,84 e/m2. La tension porte essentiellement sur les petits logements sociaux.

7

Dans le parc locatif, 3 logements sur 10 sont plutôt mal isolés. Dans l’habitat privée, 6 logements sur 10 auraient besoin de travaux d’isolation. En ce qui concerne les propriétaires occupants ce chiffre monte à un logement sur deux qui aurait besoin d’être isolé.

Ils ont dit

« Le véritable enjeu, ce n’est pas la déconstruction mais comment produit-on un logement social à bas prix alors que le coût du loyer est indexé sur le prix de la construction ? Pour répondre à des besoins de logement avec des loyers faibles, nous avons besoin de l’aide des collectivités et de l’État. Cela passe tout d’abord par des terrains mis à disposition gratuitement puis par des aides financières de l’État », Anne Terlez, vice-présidente du Département, chargée de la lutte contre la pauvreté.

« Aujourd’hui, pour continuer nos projets et nos actions en matière de logement dans l’Eure, il faudrait que l’État multiplie par 3 ses aides. À ce jour, au Département, nous avons mangé toute l’enveloppe. La machine s’est un peu emballée et nous sommes bloqués. Preuve que nous avons bien travaillé. Cela veut dire aussi qu’il nous faut trouver d’autres solutions pour continuer notre action », Diane Leseigneur, vice-présidente en charge de l’habitat et du logement.

« L’objectif ultime de tout bailleur social est de proposer des logements confortables, à faibles loyers, bien isolés, en centre-ville ou en centre-bourg. Or, aujourd’hui, notre parc de 22 000 logements ne correspond pas toujours à cette vision. Actuellement, les bailleurs vivent une situation difficile, écartelées par des dépenses qui augmentent et des recettes qui diminuent », Catherine Delalande, élue départementale, vice-président de « Mon Logement 27 », qui représente 50% du logement social dans l’Eure.

Le logement : un droit essentiel

Dernière journée thématique des Assises du département de l’Eure ce matin à Évreux. L’occasion de rappeler que le logement est un droit essentiel pour tous.

« Le logement est non seulement un droit pour tous mais c’est un moyen d’intégration, d’indépendance et d’autonomie, quel que soit l’âge et la catégorie sociale » réaffirmait ce matin Diane Leseigneur, vice-présidente du Conseil départemental, chargée de l’Habitat et du Logement. « Le logement n’est pas une compétence du Département. Mais le logement est au carrefour de nos politiques sociales et particulièrement en direction de nos publics les plus fragiles. C’est pourquoi depuis plusieurs années, le Conseil départemental a pris à bras le corps le problème du logement. » L’objectif du Département en matière de logement est simple : offrir à tous, en particulier aux plus fragiles, un habitat de qualité, adapté à leurs besoins et à leurs moyens.

Et Diane Leseigneur de rappeler les 4 piliers du Département en matière de logement :

  1. limiter la part du logement dans le budget des ménages. Selon les revenus, la part du logement représente entre 8 et 22% des revenus. La hausse des prix des énergies risque d’impacter davantage encore cette part du budget ;
  2. maintenir les personnes âgées à domicile. L’Eure est devant un mur démographique. En 2050, un Eurois sur trois aura plus de 60 ans. Un choc et un défi démographique auquel le Département doit se préparer notamment pour aménager et adapter les logements à la perte d’autonomie ;
  3. adopter les logements pour l’autonomie des personnes à mobilité réduite ;
  4. revitaliser les centres-bourgs en remettant aux normes les logements inoccupés.

      Pourquoi le logement, c’est si important ?

      Pascale, responsable du centre des « Restos du Cœur » de Quillebeuf : « Les problèmes de logement, c’est notre quotidien aux Restos du cœur. Nous rencontrons tous les jours des personnes qui ont des difficultés à se loger, surtout en ce moment avec les expulsions. Quand les gendarmes débarquent dans une famille à 6 heures du matin, avant d’aller à l’école, pour les expulser, c’est très traumatisant. Je pense qu’il existe beaucoup de solutions à trouver dans ce domaine pour ne pas en arriver là. Ne pourrait-on pas envisager un prélèvement mensuel sur les revenus ou sur l’allocation chômage ou sur la CAF par exemple plutôt que d’expulser les gens violemment ?

      Nathalie, co-responsable des Restos du cœur à Pont-Audemer : « Nous sommes sans arrêt confrontés, avec les personnes que nous recevons, aux logements insalubres et aux expulsions. Les reloger surtout, est très compliqué, surtout les familles avec enfants. Nous voyons des gens à la retraite qui vivent dans leur voiture ; ou encore des personnes qui ne perçoive toujours rien 6 mois après le décès de leur conjoint. Il faut alors des propriétaires très compréhensifs pour qu’ils ne soient pas à la rue. Comment se fait-il que certains droits mettent aussi longtemps à être versés ? 

      Rendez-vous vendredi 8 juillet à Évreux

      La dernière journée thématique des Assises de la Solidarité sera exclusivement consacrée au logement. Inscrivez-vous aux différents ateliers.

      Aux côtés des acteurs de l’habitat, le Département tient un rôle moteur dans la politique de logement des Eurois.

      L’objectif du Département en matière de logement est simple : offrir à tous, en particulier aux plus fragiles, un habitat de qualité, adapté à leurs besoins et à leurs moyens. L’action départementale se concentre sur trois grandes priorités :

      • la diminution de la part du logement dans le budget des ménages ;
      • le maintien à domicile des personnes âgées ;
      • l’adaptation des logements pour l’autonomie des personnes à mobilité réduite ;
      • la lutte contre l’habitat indigne ou très dégradé, la mobilisation du parc vacant.

      Mais le champ d’action reste encore insuffisant. Les différents ateliers de l’après-midi vont permettre d’ouvrir de nouvelles pistes.

      Suivez les débats en direct

      • Suivez les débats en direct. Vendredi 8 juillet rendez-vous sur ce lien à partir de 9h30.
      • Retrouvez toutes les actus des Assises sur l’onglet « Actualités » et sur nos réseaux sociaux.

      Le programme de la matinée

      • 9h30 : ouverture par Diane Leseigneur, Vice-Présidente du Conseil départemental
        Précisions des plans « logement » approuvés par le Conseil départemental et présentation de la journée, de la démarche.
      • 9h45 : présentation de la situation du logement dans le département de l’Eure par l’ODAS, Observatoire National de l’Action Sociale.
      • 10h15 : débat avec la salle

      La table ronde

      • 10h45 : échanges sur les problématiques du logement en présence : Jean-Yves Chapuis, consultant en stratégies urbaines et Arnaud de Broca, délégué général UNAFO (Union professionnelle du logement accompagné) ou son représentant. Seront également présentes pour animer le débat : et de Gaëlle Tellier directrice d’Ysos (groupe SOS) et Catherine Delalande, vice-présidente de Mon Logement 27.
      • 11h30 : débat avec la salle et des représentants de locataires
      • 12h : Conclusion de la matinée par Sébastien Lecornu, Ministre des Armées, Président du conseil départemental de l’Eure.
      • 13h30 : reprise de la journée avec les différents ateliers.

      Une journée thématique sur le logement

      Quelles solutions d’habitat pour des publics ciblés comme les bénéficiaires du RSA, les jeunes en insertion, les victimes de violences intra familiales, etc ? Quelles solutions pour lutter contre l’habitat indigne ? Pour favoriser le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie ? Quel logement social pour demain ? Autant de sujets qui seront évoqués et débattus vendredi après-midi lors des différents ateliers.

      Voici les thèmes des différents ateliers :

      Table ronde n°1

      • Une offre de logement à réinventer : diversifiée, adaptée au besoin, au bon endroit
      • Quelles solutions d’habitat pour quels publics ciblés (bénéficiaires du RSA, jeunes en insertion, victimes de violences intra familiales, etc.)
      • Les expulsions locatives ne sont pas une fatalité : comment les prévenir et les éviter ?
      • Lutter contre l’habitat indigne : des solutions à partager
      • Les problèmes de santé comme frein au logement, et quelles solutions pour le maintien à domicile

      Table ronde n°2

      • Lutter contre la précarité énergétique, comment habiter mieux son logement ? Réflexion pour le parc privé
      • Lutter contre la précarité énergétique, comment habiter mieux son logement ?
      • Réflexion pour le parc social
      • Un logement pour tous : quelle réalité du logement d’abord ?
      • Quelles nouvelles formes d’habitat pour les personnes en perte d’autonomie ?
      • Quel logement social pour demain ? Quelles formes, quels usages, quels espaces collectifs, quel lien social ?

      Insertion : 13 ateliers pour des solutions concrètes

      Après une matinée d’échanges autour de deux tables rondes, les participants aux Assises des Solidarités se sont répartis en ateliers de travail. Ces temps de discussion dynamiques et constructifs ont été l’occasion de réfléchir aux actions innovantes qui pourraient être réalisées en faveur de l’insertion et de la lutte contre la pauvreté.

      Vendredi 24 juin, la troisième journée de travail des Assises des Solidarités a été consacrée à l’insertion et à la lutte contre la pauvreté. Plus de 200 participants, professionnels du social et du monde de l’entreprise, se sont réunis à Vernon, à l’ITII Normandie, sur le campus de l’Espace.
      Après les échanges de la matinée (à lire ici), 13 ateliers de travail se sont déroulés sur l’accès aux services publics, la mobilité, l’illettrisme, la santé, le numérique, etc. ; toutes ces thématiques qui affectent les bénéficiaires du RSA, et plus largement, les habitants en difficulté avec l’emploi.

      Le RSA contre la grande pauvreté

      Anne Terlez, vice-présidente du Département de l’Eure, en charge de la santé, de la lutte contre la pauvreté, des personnes âgées et du handicap, a conclu la journée en remerciant la mobilisation et le travail accompli. « Ces assises nous permettent de nous interroger sur nos modes d’actions, sur notre efficacité. Si le RSA est une chance en France, car il est un rempart à la grande pauvreté, nous devons sans aucun doute améliorer l’accompagnement des bénéficiaires. »

      Pas tellement une question d’argent

      La vice-présidente a souligné son étonnement de ne pas avoir entendu qu’il fallait des moyens supplémentaires. « Ce qui ressort de cette journée n’est pas tellement une question d’argent mais bien une question de méthode. La simplification de notre organisation est essentielle. Nous devons aussi mieux territorialiser nos politiques publiques car les besoins peuvent être très différents d’un secteur à l’autre. Il y a aussi des corollaires sans lesquels chercher un emploi est impossible : il s’agit de la mobilité, la santé, l’alimentation et bien sûr le logement. » Ce dernier thème fera d’ailleurs l’objet de la prochaine journée des assises des solidarités, le vendredi 4 juillet 2022.

      Anne Terlez

      Anne Terlez, vice-présidente du Département, a participé aux ateliers de l’après-midi avant de rendre ses conclusions, en fin de journée.

      Animateur ou participant : qu’avez-vous pensés des ateliers ?

      Cassandra

      Conseillère numérique au Département de l’Eure

      « Nous étions trois à animer l’atelier “Accès au droit et aux services publics”. 1h15, c’est finalement très court mais les trois groupes ont bien travaillé. Ils ont d’ailleurs fait des constats similaires comme la méconnaissance réelle du public des démarches et des dispositifs auxquels il peut prétendre. Des solutions ont été imaginées comme être présent dans des lieux de passage (centres commerciaux par exemple) ou la création d’un annuaire commun à tous les partenaires. C’était très constructif. »

      Michel

      Conseiller en insertion professionnelle à l’association Solid’Activ aux Andelys

      « L’atelier “Inclusion numérique : un prérequis” était très intéressant. Le numérique est indispensable aujourd’hui et encore trop de personnes en sont exclues. Je l’ai particulièrement constaté pendant le confinement. Tout le monde à partager son expérience, apporter ses idées. Il y a eu une émulation très constructive. Nous devons agir dans trois domaines : le réseau, le matériel et la compétence. Nos actions doivent aussi être plus coordonnées, moins isolées. »

      Sandrine

      Chargée de mission santé à l’Intercommunalité de Bernay

      « Nous avons parlé de beaucoup de choses dans cet atelier sur “L’éducation et l’accès à la santé des publics fragiles, la santé au cœur de l’inclusion”. » Il est notamment ressorti la nécessité de sensibiliser à la santé et au bien être dès le plus jeune âge. La prévention est primordiale. La question de santé mentale a aussi été abordée car les structures adaptées sont trop centralisées dans les villes. L’atelier m’a également éclairée sur des dispositifs que je ne connaissais pas ou peu. »

      « Le RSA nécessite un accompagnement de qualité et nous devons encore progresser »

      Troisième séminaire thématique pour les Assises des solidarités de l’Eure. Après l’enfance, l’autonomie et le logement, cette nouvelle journée de travail est consacrée à l’insertion et à la lutte contre la pauvreté. Tous les intervenants sont réunis à Vernon, à l’ITII Normandie, sur le campus de l’Espace.

      La matinée du vendredi 24 juin 2022 a été riche en informations et a mis en lumière toute la complexité du sujet de l’insertion, de l’accès au droit et de la pauvreté. Stéphanie Auger, vice-présidente du Département de l’Eure, a ouvert les débats en rappelant que cette démarche participative des Assises des Solidarités vise à poser une question essentielle : « Comment le Conseil départemental peut-il répondre aux enjeux d’insertion ? Nous devons éviter l’entrée et l’installation dans le RSA, ce qui implique un travail de prévention. Il faut également améliorer l’adéquation des profils des bénéficiaires avec les besoins des entreprises. Enfin, nous devons agir pour un retour rapide à l’emploi. Le RSA nécessite un accompagnement de qualité et nous devons encore progresser. Alors dites nous ce qui fonctionne ou pas. Nous sommes là pour vous écouter. On doit se repenser, aidez nous à le faire. »

      Mobilité, illettrisme et illectronisme :
      trois grands freins à l’insertion professionnelle

      Un portrait social et chiffré a été dressé par Didier Lesueur de l’ODAS (observatoire décentralisé de l’action sociale). Il a fait notamment le point sur les taux de pauvreté, de chômage, de revenus, etc. de l’Eure, en perspective avec les chiffres nationaux. Ainsi, la moitié des allocataires dans l’Eure est au RSA depuis plus de quatre ans. Ce point a également mis en lumière trois freins importants chez les personnes en difficulté d’insertion : la mobilité, l’illettrisme et l’illectronisme.

      Stéphanie Auger

      Stéphanie Auger, Vice-Présidente CD27, en charge de l’emploi, l’insertion, l’économie sociale et solidaire et des relations avec le monde économique

      Olivier Dussopt, Ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion, s’est exprimé par vidéo. Il a notamment souligner le rôle de levier de l’activité professionnelle pour accéder au logement, à la santé et de manière générale, pour retrouver une dignité et vivre mieux.

      > Pour voir la vidéo : cliquez ici

      Des bénéficiaires du RSA témoignent

      Sophie et Chanella étaient aux côtés de deux chefs d’entreprise pour témoigner de leurs parcours et apporter un éclairage concret sur la thématique de la première table ronde : « Tensions sur le marché du travail et besoins en emploi ». Toutes les deux accompagnées par la structure du Département, Job 27, elles ont suivis des formations et retrouver un emploi après plusieurs années de difficultés. Il a été notamment évoqué les problèmes de confiance en soi des bénéficiaires du RSA mais aussi les entraves concomitantes comme la garde des enfants, le respect des horaires de travail… Anne Terlez, vice-présidente du Département, en charge notamment de la lutte contre la pauvreté, a aussi souligné la nécessité, dans cette société toujours trop pressée, de se donner du temps pour arriver à lever les freins du retour à l’emploi.

      Anne Terlez

      Anne Terlez, vice-présidente Département de l’Eure, en charge de la santé, de la lutte contre la pauvreté, des personnes âgées, du handicap

      Lutter contre le découragement des personnes

      La seconde table ronde a permis d’échanger sur les solutions permettant de sortir de l’exclusion et du RSA. Muriel Moujard, directrice du Centre Interinstitutionnel de Bilan de Compétences, a rappelé la responsabilité collective. « Une multitude d’acteurs doit se mobiliser pour développer la capacité des bénéficiaires du RSA à agir. Qu’est qu’on fait pour qu’elle s’adapte au monde de l’entreprise ? On travaille sur trois axes : restaurer le sentiment de compétences des personnes, valoriser leurs ressources et ne pas voir que leurs difficultés ; restaurer le sentiment de contrôle (je fais une action qui va me permettre d’avancer), c’est à dire lutter contre le découragement ; et enfin mettre en place une analyse stratégique pour aider les personnes à prendre leur décision ». La question des outils, des ressources à disposition et de la lisibilité pour les acteurs a été largement évoquée. Jean-Claude Placiard, conseiller à l’ODAS, a souligné : « On ne se connait pas assez, on ne se parle pas suffisamment. Comment arriver, ensemble, à accompagner au mieux les bénéficier du RSA ? Il faut avoir une vision stratégique commune sur un même territoire. »

      La journée se poursuit avec 13 ateliers thématiques et se terminera par une restitution en fin de journée.

      Sébastien Lecornu clôture la matinée

      « Il faut assumer que le travail est un outil d’émancipation et de liberté »

      « Le sujet de l’insertion est immense et les spécifités territoriales très présentes. (…) Le RSA doit répondre à deux enjeux. Il doit lutter contre les pauvretés qu’elles soient matérielles, géographiques, sociales… (…) Le RSA est avant tout un filet républicain de sécurité qui fait que nous n’abandonnons personne. Il est aussi un instrument pour s’en sortir. Se pose alors la question de la place que l’on donne au travail. Il faut assumer que le travail est un outil d’émancipation. Il fait partie de la citoyenneté, de la déclaration des droits de l’homme, de la convention européenne, etc. (…) Il y a également un enjeu de simplification et de lisibilité de nos outils. Ils sont bons mais, même moi, je dois bien avouer que je m’y perds parfois. (…) Je me réjouis également qu’aujourd’hui soit réuni l’offre et la demande, c’est à dire le monde du social et de l’entreprise. L’un ne peut avancer sans l’autre. (…) Le non recours ou le paiement du RSA au juste droit est aussi un objectif depuis des années mais on a du mal à avancer. Quand on voit les chiffres(1), il y a encore un boulot important à accomplir. (…) Enfin, je tiens à parler de la contrepartie d’activité, sur la base du volontariat. Pas forcément le travail marchand, l’activité associative, caritative… est source de liberté. Aucun être humain ne peut être heureux dans une inactivité totale. »

      (1) 30 % de la population cible ne touche par le RSA

      Sébastien Lecornu, Ministre des Armées et président du Département de l’Eure, est venu clôturer cette troisième journée thématique des Assises des Solidarités de l’Eure.

      Deux ans d’enquêtes sur le RSA par la cour des comptes

      Entre les deux tables rondes, Mathieu Dufoix et Loïc Robert, de la Cour des comptes, ont présenté les résultats d’une grande enquête sur l’efficacité du RSA. Ce rapport, réalisé durant deux ans à partir de données nationales mais aussi de neuf Départements et de sondages auprès des bénéficiaires, est totalement inédit. Il répond à la volonté d’évaluer les politiques publiques. Ainsi, ils ont mis en perpective de nombreux chiffres pour mieux comprendre les réussites et les revers du RSA.

      foule assiste dans une salle

      Dans la salle du plateau de l’Espace à Vernon, les échanges avec le publics sont venus enrichir le débat. En effet, de nombreux professionnels (pôle emploi, entreprises, associations) étaient présents.

      Assises des solidarités : rendez-vous vendredi 24 juin

      Dans le cadre des Assises, la journée du vendredi 24 juin à Vernon sera consacrée à l’insertion et la lutte contre la pauvreté. Suivez les débats en direct et donnez votre avis.

      Comment faciliter le retour à l’emploi ? Comment éviter l’entrée et l’installation dans le RSA ? Comment bien manger dans l’Eure ? Comment avoir accès aux services publics ? Quelles solutions pour endiguer les violences intra-familiales ? Autant de questions qui seront au cœur des débats de cette journée. Voici le programme détaillé de la journée :

       Vendredi, suivez les débats en direct. Connectez-vous à partir de 9h00.

      Rendez-vous sur ce lien.

      Voici le programme détaillé de la journée du vendredi 24 juin 2022

      Matin

      • 9h : ouverture par François Ouzilleau, Maire de Vernon, Sébastien Lecornu, Ministre des Armées et président du Département de l’Eure, et Stéphanie Auger, Vice-présidente du Conseil départemental, en charge de l’emploi, l’insertion, l’économie sociale et solidaire et des relations avec le monde économique. Présentation de la journée, de la démarche.
      • 9h15 : présentation de la situation de l’insertion dans le département de l’Eure par l’ODAS.

      Les tables rondes

      • 9h40 : échanges sur les tensions sur le marché du travail et les besoins en emploi. Les débats seront animés par deux chefs d’entreprise et des bénéficiaires, en présence de Anne Terlez, Vice-Présidente du Département, en charge de la santé, de la lutte contre la pauvreté, des personnes âgées, du handicap. Ce temps fort sera suivi d’un débat avec la salle.
      • 10h30 : présentation du rapport de la Cour des comptes sur le RSA (janvier 2022) par Mathieu Dufoix, rapporteur général du rapport et Loïc Robert, adjoint au rapporteur général.
      • 10h50 : 2e table ronde sur le thème : comment sortir de l’exclusion et du RSA ? En présence d’experts, de personnalité issus de la formation professionnelle et de personnalités locales ; notamment Muriel Moujard, directrice du Centre Inter institutionnel de bilan de compétences. Ce temps fort sera suivi d’un débat avec la salle.
      • 12h : Conclusion de la matinée par Sébastien Lecornu, Ministre des Armées, Président du conseil départemental de l’Eure

      Après-midi : ateliers thématiques de 13h30 à 17h (conclusion de la journée)

      Les différents ateliers thématiques

      • Emploi d’abord, inciter au retour à l’emploi ? l’exemple des secteurs en tension

      • Permettre la mobilité des publics

      • Accès au droit, accès aux services publics

      • L’illettrisme comme frein à l’insertion sociale et professionnelle

      • Lutter contre les violences intra-familiales

      • La contrepartie d’activité au RSA : un accélérateur vers l’emploi ? la réciprocité comme levier d’inclusion ?

      • L’égalité des droits : lutter contre les discriminations

      • L’éducation et l’accès à la santé des publics fragiles, la santé au cœur de l’inclusion

      • Comment éviter l’entrée et l’installation dans le RSA : fluidifier le parcours des bénéficiaires

      • Bien manger dans l’Eure

      • Le citoyen usager : premier acteur mais dernier contributeur aux politiques de solidarités ?

      • L’inclusion numérique : un prérequis

      • Les succès de l’insertion par l’emploi des personnes étrangères : l’exemple des MNA en apprentissage

      « Protection de l’enfance : un plan d’urgence avec des moyens conséquents »

      Attentif aux échanges de la table ronde depuis le fond de la salle, le président du Département de l’Eure et ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu est venu conclure le temps d’échanges.

      « La thématique de l’enfance est la plus complexe que les Assises des solidarités auront à traiter. Il s’agit d’un vaste programme et on peut d’ailleurs prendre le sujet par mille entrées. La Jeunesse, ça ne veut pas dire grand-chose. Je rejoins Anne Terlez, il y a autant de jeunesses qu’il y a autant de jeunes. » 

      « La chaine de décision est trop longue »

      La fonction même des Assises permet de créer une méthode d’actions. « Avant d’évoquer quelques constats, je souhaite saluer l’engagement de tous les acteurs de l’enfance pour votre engagement de tous les instants. Le boulot est fait. Maintenant, nous devons travailler à nous améliorer. Parce que le corps social va mal. Le nombre de signalements augmente. Addictions, crise de la parentalité, les causes sont nombreuses. Toutefois, nous devrons prendre des décisions après ces Assises. La chaine de décision est trop longue. Comment pouvons-nous coordonner pour se mettre au diapason de l’urgence ? Cela induit une démarche immédiate avec la mise en gabarit de nos équipes face aux défis qui seront les nôtres. De toute évidence, nous devons lancer un plan d’urgence avec de nouveaux moyens. Dès le prochain budget supplémentaire, d’importantes sommes seront débloquées. »

      « Un électrochoc national et eurois »

      Le président Lecornu de poursuivre son constat et de fixer calendrier à très court terme: « D’évidence, la question sanitaire et la psychiatrie sont liées. Notre retard devient préoccupant. Nous avons besoin d’un électrochoc national et eurois. Enfin, nous devons réfléchir collectivement aux priorités. Les ateliers doivent absolument contribuer à cerner les actions que nous devrons développer dès maintenant ou dans un avenir très proche. »

      L’Eure un département jeune !

      Le département de l’Eure compte en 2022 un peu plus de 600 000 habitants. Soit 1% de la population française. Mais un département ne ressemble pas à un autre. Ainsi, 75 500 habitants résident en Lozère contre plus de 2,5 M dans le Nord.

      Les moins de 24 ans dans l’Eure représente près de 25% de la population. Il s’agit d’une chance pour notre département. « La jeunesse occupe les jours et les nuits de tous ceux qui ont la responsabilité de la protéger, la petite enfance, l’enfance et les jeunes », a réaffirmé Anne Terlez

      Statistiquement, la part des 0-10 ans et 11-17 ans est supérieure à la moyenne nationale quand les 18-24 ans est inférieure. On assiste ainsi à une tendance au départ, notamment vers des bassins estudiantins ou professionnels.

      Explorer le cœur du sujet

      Pour partager la parole et les expériences, les Assises de la solidarité ont proposé 10 ateliers thématiques pour explorer le cœur du sujet :

      • accompagner la parentalité ;
      • les modes d’accueil de la petite enfance ;
      • grandir dans la ruralité ;
      • accompagner et prendre en charge l’enfant placé ;
      • la prise en compte des besoins de santé des jeunes ;
      • faire sa vie en fonction de son projet : se projeter et le réaliser ;
      • la place du sport et de la culture dans le développement de l’enfant ;
      • comprendre la phase de développement de l’adolescence ;
      • pourquoi et comment signaler un enfant en danger ;
      • l’engagement pour les autres, pour aider à grandir ;

      « La jeunesse nous occupe
      et nous préoccupe nuit et jour »

      La nécessité d’améliorer l’insertion ou de renforcer la protection de l’enfance demeure au cœur des travaux des Assises des Solidarités. Une journée de travaux lui a été dédiée, ce vendredi 13 mai à Louviers.

      Pour mieux aider ceux qui en ont besoin, le Conseil départemental de l’Eure a lancé une grande réflexion collective. Depuis le 4 mars, les Euroises et les Eurois sont invités à participer aux Assises des Solidarités.

      « Il faut parler des jeunesses »

      Dans une salle du Hub 4.0 pleine, François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, et Anne Terlez, vice-présidente ont lancé ce 3e rendez-vous des assises. Cette dernière d’expliquer : « La jeunesse est un marqueur de notre territoire. Pauvreté, santé, accès à l’emploi, confiance en l’avenir, etc. Creusons un peu. Collégiens, lycéens, étudiants, sans formation, monde rural, villes, engagement pour des causes variées et fédératrice, isolement, on le comprend, notre jeunesse est hétérogène aussi faut-il parler des jeunesses. Aujourd’hui, avec ces Assises, nous comptons regarder sans fard nos manques, nos échecs, ce que nous devons améliorer. Ce constat doit nous permettre d’être encore plus vigilants, encore meilleures dans nos approches et dans nos réponses à apporter aux enfants de notre département. »

      La responsabilité de l’éducation de l’enfant

      Lors de la table ronde, la psychopédagoque et présidente de l’UROPSS, Annette Glowacki expliquait ainsi : « La responsabilité de l’enfance doit être partagée entre les parents et la puissance publique. En effet, la réponse aux problématiques de l’enfance doit aussi être communautaire et sociétale. »

      Marie-Paule Martin-Blachais, médecin et auteure du rapport au gouvernement en 2017 Démarche de consensus sur les besoins fondamentaux de l’enfant en protection de l’enfance, poursuivait tout d’abord son propos par un rappel. « L’éducation de l’enfant incombe aux parents, mais en effet la puissance publique détient un droit de regard. Nous devons conserver en tête la Convention internationale des droits de l’enfant. Protection et soin ; éducation et développement, protection, épanouissement de la personnalité et développement des dons, des aptitudes physiques et mentales y sont parfaitement inscrits. Ainsi, nous avons déterminé une carte des besoins fondamentaux : besoin d’estime de soi et de valorisation ; besoin d’expériences et d’exploration du monde ; besoin d’un cadre et de limite ; et besoin d’identité qui tous pointent vers trois métabesoins : besoin affectif, besoin de protection, besoin physiologique et de santé. Nous devons tous travailler à la mise en œuvre du métabesoins. »

      Après une table ronde passionnante s’en sont suivis des débats avec la salle. Cette 3e journée des Assises des solidarités ont ainsi permis de riches échanges entre les acteurs de l’enfance.

      L’ADAPT, un pôle ressource de santé autour du handicap structurant pour le sud-est de l’Eure

      Jean-Philippe MOREAU, directeur du pôle de Normandie de l’ADAP et, Julie DESPLAT, Conseillère Départementale de l’Eure ont visité le site de Saint-André de l’Eure. L’ADAPT accompagne les personnes en situation de handicap dans leur parcours de vie.

      Une visite sur le terrain effectuée dans le cadre des Assises des Solidarités. « Elle permet d’aller plus loin dans nos rencontres avec les professionnels. L’ADPAT est un pôle de santé très important sur ce canton. Il concentre des professionnels de santé sur un même site et a vocation à devenir un pôle d’attractivité pour l’offre de soins dans tout le secteur. »

      Les projets sont nombreux et la coordination avec l’ensemble des acteurs associatifs locaux, collectivité territoriales, EHPAD et autres professionnels de santé sont autant d’atouts à valoriser pour devenir encore plus attractif.